La photo… De ce que je me souvienne, ce devait être le premier métier que je voulais faire. Peut-être juste après cosmonaute.
Je voulais être “chasseur d’images”. Je ne savais pas vraiment ce que cela signifiais, mais ça me plaisait bien.

J’ai fini informaticien. Métier très créatif également à ceux qui s’en donne la peine.

Mais cette passion n’est pas tombée aux oubliettes pour autant. Je ne vous raconte pas les nuits passées dans un labo photos alors que je ne devais avoir qu’un dizaine d’années. Cette passion date vraiment.

Je suis passé, logiquement, au numérique, il y a quelques années avec un premier Canon 350D. Puis j’ai eu l’occasion d’avoir un Canon 7D. Une petite merveille.
Et puis récemment, je suis repassé à l’argentique et même au cyanotype. Je conserve le numérique. L’argentique étant là juste pour le plaisir. Pour réapprendre à prendre le temps. Le temps entre le moment où la photo est prise et le moment où elle est vue. Prendre son temps est important dans cette société où tout va très (trop ?) vite. Mais c’est un autre sujet.

Je ne sais pas si je suis un “bon photographe”. À vrai dire, cela m’importe peu. Par contre, que mes réalisations plaisent et suscitent des moments de bonheur, ça me fait plaisir.

Et depuis quelques temps, on me fait remarquer (parfois de manière insistante) que mes photos sont bien, sympas, jolies. Je fini donc par y croire et j’arrête un peu cette fausse modestie : ok, certaines de mes photos sont bien au point d’apporter un peu de bonheur.

Ceci dit, je voudrais vous raconter la genèse d’une de ces photos qui a reçu un bon accueil. Je vais démystifier (comme le dit si bien Renaud dans l’une de ces chansons).

Voilà la photo en question :

La version finale

La version finale

Elle est bien. C’est vrai, je le reconnais. Le personnage centrale, jolie jeune femme, est un peu flou, mais pas trop. Un doux mélange entre une môme Piaf et une Amélie Poulain. Le côté noir & blanc accentuant cet effet psychologique, très certainement. Les personnes autour et le côté festif avec des bouteilles. C’est plaisant tout ça et ça donne presque envie d’y être.

La genèse

Alors démystifions : je vais vous raconter la genèse de cette photo.

Cette soirée n’était même pas arrosée pour moi puisque je conduisais (conduite = 0 alcool, ne pas l’oublier). Donc, je n’ai aucune excuse.
J’ai un objectif de 50mm fixe, f1,4. Je “shoot en RAW” depuis quelques mois. J’ai découvert que ce format permettait d’être retravaillé après coup (C’est un peu grâce à Thanh que j’ai découvert la post-production d’ailleurs. Merci à lui).

J’ai d’abord pris une première photo avec le plus de personnes possible. Cette photo serait pour montrer l’ambiance, le monde…

La première prise

La première prise

Bon, elle est bien, mais n’a pas beaucoup d’intérêt en soit. Le sujet m’a vue et me regarde prendre la photo (je n’aime pas trop ça). La personne juste devant moi (en floue) est trop présente. Il n’y a que 2 visages et les 2 prennent l’ensemble de l’intérêt de la photo. J’ai publié cette photo pour le beau sourire.

Ensuite, j’ai repris une nouvelle photo :

La seconde prise

La seconde prise

Cette fois, tout le monde est là. Mais les visages ne sont pas cohérents : ils regardent tous dans des sens différents. Se parlent en petits groupes. Et tout ça est trop droit.

J’ai pris mon appareil et je l’ai ramené plus près de la table. Je ne voyais donc pas ce que je prenais en photo. L’appareil n’était pas très droit, la mise au point faite sur je ne sais pas quoi et j’ai appuyé :

La bonne prise

La bonne prise

C’est la photo finale, mais elle est en couleurs. Elle a tout ce qu’il faut ou presque. La couleur montre trop le flou du visage central. Alors j’ai décidé de passer en noir & blanc.

La version finale

La version finale

Et voilà la photo finale. Laisse béton, je démystifie.

 

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